Romands et Alémaniques dans la même équipe : quand la langue change la réunion
Une réunion de projet réunit quatre personnes de Lausanne et trois de Zurich. Elle se tient en français, par politesse envers les Romands et parce que la cheffe de projet est genevoise. Les Zurichois suivent, répondent quand on les interroge, et envoient le lendemain un long courriel en allemand qui remet en cause la moitié des décisions.
Les Romands y voient un manque de franchise. Les Alémaniques ont simplement attendu de pouvoir s’exprimer dans une langue où ils se sentaient précis.
La langue avant les mentalités
On explique volontiers ce genre de scène par des différences de caractère entre régions. C’est rarement la bonne piste. La première différence est linguistique, et elle est plus subtile qu’il n’y paraît.
En Suisse alémanique, la langue parlée au quotidien est le suisse allemand, dans ses variantes régionales, tandis que l’écrit se fait en allemand standard. Beaucoup de Romands ont appris l’allemand standard à l’école ; très peu comprennent aisément le dialecte. À l’inverse, le français appris par un Alémanique suffit souvent pour suivre une réunion, beaucoup moins pour contredire un argument construit.
La langue d’une réunion ne décide donc pas seulement de qui comprend. Elle décide de qui peut objecter.
Choisir la langue consciemment
Aucune solution n’est parfaite, mais trois options fonctionnent, à condition d’être choisies plutôt que subies :
- une langue par canal : l’oral dans une langue, l’écrit dans l’autre, ce qui laisse à chacun un moment où il est à l’aise ;
- l’alternance, par réunion ou par sujet, annoncée à l’avance ;
- l’anglais comme terrain neutre, qui ne fonctionne que si personne ne se retrouve dans sa troisième langue face à des collègues dans leur première.
Dans tous les cas, un compte rendu écrit, court et envoyé le jour même, rattrape l’essentiel de ce qui a été perdu à l’oral. Les techniques d’animation de réunion prennent ici une importance particulière.
Se méfier des grilles régionales
Les généralisations — les Alémaniques plus directs et plus formels, les Romands plus diplomates — contiennent une part d’observation. Elles deviennent nuisibles dès qu’on les applique à une personne. Un ingénieur bâlois peut être bien plus indirect qu’une commerciale vaudoise.
Mieux vaut travailler sur les préférences réelles de chacun. Le DISC donne pour cela un vocabulaire commun, que nous utilisons dans DISC : lire et ajuster sa communication.
Coordonner sans autorité commune
Ces équipes sont souvent transversales : les membres dépendent de responsables différents, sur des sites différents. La difficulté linguistique s’ajoute alors à l’absence de lien hiérarchique, et chaque malentendu coûte davantage à rattraper. C’est le terrain du management transversal, où l’on apprend à obtenir un engagement sans pouvoir l’imposer.
Une équipe bilingue n’est pas une équipe à problème. C’est une équipe dont les règles de fonctionnement ne peuvent pas rester implicites.
Questions fréquentes
Faut-il imposer une langue de travail unique ?
Une règle claire vaut mieux qu'une habitude implicite, mais elle n'a pas besoin d'être unique. Certaines équipes tiennent les réunions en français et les écrits en allemand, d'autres alternent, d'autres encore choisissent l'anglais. L'essentiel est que le choix soit explicite et que chacun sache dans quelle langue il pourra poser une question ou exprimer un désaccord.
Les Alémaniques sont-ils vraiment plus directs ?
C'est une généralisation qui contient une part d'observation et beaucoup d'exceptions. Les écarts entre deux personnes d'une même région sont souvent plus grands qu'entre deux régions. Travailler sur les préférences de communication de chacun, par exemple avec le DISC, est plus utile que d'appliquer une grille régionale à des individus.
ABP forme-t-il en allemand ?
Non. ABP Consulting anime ses formations en français, en anglais et en espagnol. Ce site est traduit en allemand pour que les équipes germanophones puissent le lire, mais une session pour une équipe alémanique se tiendra en anglais ou en français, selon ce que les participants maîtrisent suffisamment pour débattre.
Se former sur ce sujet

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Connaissance de soi et communication positive
Comprendre pourquoi vous communiquez comme vous le faites avant d'essayer de changer quoi que ce soit. Deux jours : un test Ennéagramme pour situer son fonctionnement, puis des techniques concrètes pour demander, refuser et reprocher sans agresser.

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Méthode DISC et Forces Motrices
Deux jours sur deux instruments complémentaires : le DISC décrit comment quelqu'un se comporte, les Forces Motrices décrivent ce qui l'anime en profondeur. Chaque participant reçoit son rapport individuel et repart avec une stratégie relationnelle pour les interlocuteurs qui lui résistent le plus.

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Le programme socle du cabinet. Trois jours pour cesser d'arbitrer au cas par cas et disposer d'outils qui tiennent : poser un cadre, recadrer sans humilier, déléguer vraiment, et adapter sa manière de faire à chaque collaborateur.
